Les Niçoises à la pointe du combat pour la liberté du Pays de Nice

Publié le par les nouvelles nicoises

Chacun sait que les femmes ont toujours joué un rôle important dans la vie sociale et la défense du Pays de Nice, d’autant qu’avant l’annexion la loi salique, invention française, qui écartait les femmes du pouvoir n’existait pas chez nous. L’image la plus célèbre est celle de Catarina Segurana, qui sur le rempart Sincaïre eut la main lourde avec les envahisseurs franco-turc qui le méritaient bien ; on connaît moins Jeanne Verani qui en 1436 sonna le tocsin et souleva les niçois, qui reprochaient justement au gouverneur savoisien Nicod de Menthon de violer leurs droits issus de la charte de dédition de 1388. Le 6 juin 1705 l’intendant français Gayot fit pendre la jeune Catarina Ribauda qui avait eu le courage d’apporter de la viande aux assiégés du Château, pendant une période de Trève.

 catarina segurana

Durant l’occupation révolutionnaire et impériale de 1792 à 1814, les femmes ou parentes de Barbets, furent admirables comme celles qui le 30 avril 1799, à Péone, arrachèrent le curé réfractaire Clary, des mains des gendarmes qui l’avaient arrêté et voulaient l’emmener. Le président du tribunal correctionnel de Puget-Théniers avisa ses supérieurs… que les trois brigades de gendarmes qu’il avait à sa disposition étaient insuffisantes pour les arrêter !!! Sans oublier les villageoises qui assommaient de tuiles et de pierres les Bleus qui venaient occuper et piller leurs villages et celles qui apportaient de la nourriture aux proscrits au péril de leur vie et n’hésitaient pas à les cacher ou à faire le coup de feu à leur côté.

Il convient de citer les noms de quelques-unes de ces héroïnes qui sont parvenus jusqu’à nous : Anne-Marie Lantieri de Gorbio, Madeleine Bonin, compagne du Barbet André Richier dit Contin, Christine Bordis de Levens, Marie Cristini, sœur de Barbet Barthélemy Corniglion de Roquebillière, dit Parella épouse du barbet l’Avoust, une dame Passeron d’Utelle… mais combien demeureront à jamais anonymes, car les jacobins voulurent effacer leur souvenir. La monarchie savoisienne s’attacha plus tard elle aussi à détruire le souvenir des Barbets car après le lâche abandon de Nice par les troupes royales, en violation majeure de la charte de Dédition, par laquelle elle s’engageait à protéger militairement le Pays de Nice, ce traité devenait caduc, et elle n’avait plus aucune légitimité à le gouverner. Le Pais Nissart revenait ipso facto en l’état antérieur à 1388, c’est-à-dire libre de son destin.

Ce sont les Barbets, les miliciens et les héroïques combattantes, qui par les armes et le sang versé refondèrent hautement la légitimité politique du Pays de Nice, après la caducité de la charte de Dédition… Et la jeunesse indépendante niçoise d’aujourd’hui qui défend son identité et se réclame des Barbets a intuitivement compris ou ressenti, cette vérité historique et politique capitale, que tous les régimes qui gouvernèrent Nice après 1814 mirent beaucoup de soin à enfouir dans l’oubli à jamais, afin de priver Nice de la liberté à laquelle elle a droit. Pour la liberté, les résistantes de la dernière guerre se sont encore battues courageusement, perpétuant ainsi une longue tradition d’héroïsme féminin, propre au Païs Nissart.

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