Le XIVe canton très convoité...

Publié le par les nouvelles nicoises

14e-canton.pngCe canton est d’autant plus important qu’il se trouve au centre du projet immobilier nommé benoîtement « Eco-Vallée ». Ce nom fleurant l’écologie n’est qu’un paravent ; il cache en fait un projet de bétonnage colossal et sans précédent chez nous, la perte de nos derniers terrains agricoles et l’épuisement de nos réserves naturelles

d’eau.

 

Les initiateurs de ce projet bafouent inconsciemment le principe de précaution, à savoir conserver des ressources naturelles auprès d’une grande ville. Voulu par l’ancien maire et le nouveau, s’il devait malheureusement être réalisé, il ne bénéficiera qu’à de grosses sociétés de BTP qui s’enrichiront énormément, à d’autres qui inévitables en profiteront, et pire encore, il étouffera Nice, déjà passablement asphyxiée par une surpopulation, que nos édiles ont été coupables de ne pas contrôler et limiter par tous moyens. Ce projet éminemment anti-écologique, ferait de la vie à Nice, un véritable Enfer et pénaliserait très gravement les générations futures. Il serait également très nuisible au tourisme, car les vacanciers ne viennent pas chez nous pour voir du béton partout.

 

La plupart des politiciens aujourd’hui ne jurent que par « les grandes métropoles », la concentration à outrance, et l’entassement des populations dans ce qui ne seraient que de grandes termitières où des humains dépersonnalisés, sans racines et obéissants, n’auraient qu’un rôle de producteurs et de consommateurs. Les Niçois doivent s’opposer très fermement à ce que l’on construise une telle horreur à leur porte, et défendre la plaine du Var de tous les faiseurs d’argent, car ils partiront ensuite avec leurs énormes bénéfices et nous laisseront le béton et les conséquences catastrophiques que l’on imagine aisément.

 

Pour l’heure, le XIVème canton est très convoité politiquement. Tenu par le socialiste M. Cuturello, qui l’avait disputé au Front National au second tour, il aiguise les appétits de l’UMP, qui y présente même l’ex-épouse de M. Estrosi, espérant sans doute, que ce nom fera merveille. Mais ce pourrait être l’inverse compte tenu de la popularité du maire ; et ce n’est pas le concert des cireurs de chaussures intéressés qui changera quelque chose. On demeure confondu quand on lit sur un site « d’information » du web qu’une victoire « en ferait la reine de ce canton » et « qu’elle se sait capable, une fois élue, d’abandonner ce rôle d’amazone pour celui qui lui ira le mieux celui de « l’illustrissime reine » comme était appelée dans l’antiquité Zénobie, non de Palmyre mais de Nice-Ouest, attentive à son bon peuple et aimée par celui-ci ». Ce passeur de brosse à reluire dont les employeurs attendent peut-être des subventions a choisi un bien mauvais exemple car Zénobie n’a jamais connu les parcours de Golf difficiles, pas plus qu’elle n’a organisé de sauteries dans de minuscules salons coiffure ; il ne sait pas non plus que Zénobie Septimia, vaincue et captive, fut traînée à Rome par Aurélien, pour orner son Triomphe. Quant aux électeurs, ils ne veulent pas « d’amazone » ni de « Zénobie de Nice-Ouest » ; des élus efficaces et intègres leur suffisent. Une seule question se pose : qui sera l’Aurélien de ce canton ?

 

Le résultat du scrutin dans le XIVème canton cristallise toute l’attention du fait des personnalités en lice. Nous avions mené une enquête auprès de nos lecteurs habitants ce canton avant la parution du précédent numéro, mais en période électorale, chaque événement national et chaque manœuvre des candidats modifient en permanence les lignes de force. Nous vous livrons donc la dernière tendance, d’après les informations qui nous remontent, avec la prudence qui est de mise en ce domaine où nul n’est, ni peut se dire prophète. L’UMP plombée par l’affaire des retraites et la chute de popularité du président, ne serait pas à même de l’emporter malgré la mise œuvre de gros moyens. Selon la vox populi il semble à ce jour que les forces en présence dans ce canton, se positionnent ainsi actuellement : les socialistes, en tête au premier tour ; l’UMP en seconde position et M. Peyrat, soutenu par le Front national en troisième position. M. Cuturello candidat sortant, qui qualifie ses adversaires de « candidats touristes » et peut se prévoir d’un bon bilan, serait à même de l’emporter au second tour contre un seul adversaire comme en cas de triangulaire.

 

L’ex-maire semble (et le mot est faible) payer, par une totale perte de crédibilité, le prix d’une « alliance » de dernière heure avec un groupuscule d’extrême droite dirigé par d’anciens mégrétistes (qui avait obtenu 92 voix seulement lors des dernières régionales dans ce canton, en faisant liste commune avec M. Bompard). Les responsables de ce  groupuscule à Nice critiquèrent pourtant sévèrement sa candidature aux municipales de 2008, la qualifiante de « candidature inutile ». En juin 2010, les mêmes portèrent une grave accusation contre Jacques Peyrat, à savoir « d’avoir trompé doublement les électeurs en refusant d’assumer son rôle au conseil » indiquant « que l’on pouvait se demander quelle était encore légitimité de Jacques Peyrat et de ses amis pour prétendre incarner une quelconque opposition aujourd’hui » et l’avaient même « invité à renoncer à ces projets de candidature sans avenir ». Cette alliance contre nature qui a surpris et choqué beaucoup de niçois ne peut en outre générer en sa faveur qu’un gain insignifiant de suffrages. Peu après, l’ex-maire, qui pourtant avait prétendu qu’il n’avait pas négocié avec le Front national (parti qu’il quitta pour pouvoir prétendre à la mairie de Nice), passait un accord avec sa direction nationale, ce qui non seulement démentait ses assertions précédentes mais le mettait en porte-à-faux avec ses alliés de la veille, lesquels sont rejetés par le Front national. Ces accointances dissimulées, niées, puis avouées avec le ban et l’arrière-ban de l’extrême droite si elles peuvent théoriquement lui assurer un meilleur score vont très probablement être très contre-productives pour diverses raisons.

 

En effet, une bonne partie des membres de la structure locale du Front national, et beaucoup d’adhérents renâcleraient à voter pour un homme qui s’était servi de ce parti comme tremplin politique et n’avait pas hésité à le renier pour passer à l’UMP ; ils voteront probablement Max Baeza, frontiste historique qui vient de se déclarer. Beaucoup d’anciens sympathisants de l’ex-maire sont eux aussi ulcérés de cette alliance avec le Front national ; les mêmes et d’autres encore, pensent qu’il a touché le fond en s’alliant avec l’aile droite de l’extrême droite dite « identitaire ». Cette mouvance, malgré ses slogans niçois à Nice, alsaciens en Alsace, bretons en Bretagne, destinés à racoler des voix localement dans le but de bâtir une structure d’extrême droite nationale concurrente du Front national, est un parti bien français, déclaré comme tel, qui a le sanglier gaulois pour symbole. Tous ceux que l’ex-maire a déçu ou pire, qui sont légions vont très probablement lui retirer leur appui et le priver ainsi de suffrages et de relais dans ce canton. Certains mêmes, s’estimant trahis, pensent que celui qui avait dit naguère « six balles suffisent pour les demi-traîtres » en mérite douze dans les urnes plus le coup de grâce électoral.

 

Enfin, plus généralement, nombre de Niçois de toutes tendances confondues, pensent qu’il est devenu maintenant « infréquentable » en pactisant avec ceux dont le leader national Fabrice Robert fut condamné pour négationnisme en 1992 à Nice et en s’affichant entouré de deux responsables locaux du Bloc identitaire, Benoît Loeuillet (candidat à Nice dans le 5e canton) qui organisa récemment dans sa librairie la signature de l’ouvrage d’un ancien waffen SS français et Philippe Vardon (candidat dans le 3e canton), récemment condamné pour reconstitution de ligue dissoute et d’autres faits. Cet ultime avatar que beaucoup jugent indigne et très en deçà des hautes responsabilités qui furent les siennes fait voler en éclat l’image modérée et rassurante qu’il cultivait soigneusement ; il semble donc acquis que ces égarements soient les signes annonciateurs de la fin de sa carrière politique. Ayant ainsi divisé, choqué, déçu et dispersé au lieu de rassembler, ce qu’il pouvait encore espérer conserver d’un électorat déjà étiolé depuis les municipales de 2008, il serait relégué désormais dans un combat d’arrière-garde sans panache et sans gloire. Le fait d’utiliser sur ses tracts des portraits datant d’une dizaine d’années comme si les niçois étaient stupides, n’est pas de nature à dissiper ce climat nauséeux.

 

Du fait de la configuration politique dans ce canton, toutes les petites et moyennes formations traditionnelles, déjà pénalisées par le seuil, nouvellement porté à 12,50 %, pour accéder au second tour, se verraient privées d’une partie de leur électorat qui préférerait, dès le premier tour, recentrer le vote en faveur des grands partis de droite et de gauche pour tenter de faire obstacle au Front National. La situation peut encore évoluer, mais il semble que M. Cuturello, force tranquille, qui ne se commet pas aux effets d’annonce médiatiques ni aux outrances verbales, conservera son mandat. En tout état de cause, le résultat dans ce canton sera très intéressant car il préfigurera en partie la tendance, lors des importants scrutins à venir.

Commenter cet article