« Vespra nissarda » : l’insurrection de Nice en 1871

Publié le par les nouvelles nicoises

140e-anniv-insurection.pngLe 4 septembre 1870 le second Empire sombrait dans le déshonneur et la honte et la III République fut proclamée. La dictature impériale tombée, Nice annexée par la force et la fraude en 1860 se souleva ; le peuple envahit la préfecture et se porta sur la place Napoléon, pour la baptiser du nom de son héros : Garibaldi. Ce dernier soutenait les Niçois qui désiraient que Nice recouvre ses droits antiques et devienne une ville libre, neutre et protégée par les puissances. La France était envahie et Paris assiégé. Garibaldi avait volé au secours des républicains ; nommé général, il fut le seul à demeurer invaincu et enleva un drapeau aux Prussiens. Un armistice fut signé afin de désigner une nouvelle Chambre qui déciderait si l’on devait signer la paix ou poursuivre la guerre. Garibaldi lui, demandait toujours que Nice libre soit neutralisée et devienne la capitale de l’Europe.

 

À l’occasion des législatives du 8 février 1871, dix ans après l’annexion, un parti niçois fut créé pour soutenir les droits de Nice à la liberté et il provoqua un véritable séisme politique. En effet, ses trois candidats Garibaldi, Piccon et Bergondi furent élus à une écrasante majorité avec mandat impératif de faire abroger le traité de 1860. Ils obtinrent 32 363 voix dans le département des Alpes-Maritimes (80,56 %) contre seulement 7 809 (19,43 %) pour les représentants de la république française qui non seulement avaient bénéficié des fonds préfectoraux mais s’étaient livrés à des opérations frauduleuses. Ce fut un immense camouflet pour les candidats Français. Sur le territoire de l’ancien comté de Nice, annexé en 1860 la débâcle fut bien pire pour le parti Français, il fut taillé en pièce et littéralement rejeté comme un corps étranger ce qui prouvait assez que le plébiscite d’annexion avait été truqué ; la liste séparatiste obtint 26 534 voix sur 29 428 suffrages exprimés soit 90 %. Paris confisqua le résultat des urnes par l’envoi de dix mille fusiller marins, d’escadrons de gendarmes, de canons et de mitrailleuses. Nice se souleva et l’émeute dura trois jours. Henri Sappia, témoin oculaire évoqua dans Nice contemporaine «…les baïonnettes françaises dans les poitrines niçoises ». L’assemblée de Bordeaux invalida Garibaldi, Bergondi se suicida car il était soidisant  « mélancolique » et Bergondi fut contraint à la démission. Depuis lors, aucun parti niçois, ne représenta les intérêts niçois à Nice.

 

Ce vide politique grandement dommageable à l’identité niçoise et aux intérêt de la Ville, fut toujours cruellement ressenti par les vrais Niçois. L’année dernière les nationalistes niçois commémoraient le 140e anniversaire des évenements survenus en février 1871 et le parti niçois comme le Phénix nrenaît de ses cendres.

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